Piégé à son propre jeu

Jean-Philippe Tremblay à son interrogatoire avec la police.

Pina Rizzi était une maquilleuse très connue dans le monde des stars et sa carrière était fleurissante, elle s’est alors installée à Montréal dans le but de continuer sa passion. C’est lors d’une fin de soirée arrosée, le 2 août 2009, après un concert avec des amis que la vie de Pina Rizzi c’est arrêté brusquement. Mme. Rizzi a été violemment assassinée dans un cabanon dans l’Est de la ville de Montréal. Selon les rapports des policiers ainsi que des experts en scène de crime, Mme. Rizzi aurait subi un violent coup à la tête et aurait été, par la suite, traînée jusque dans ce dit cabanon. C’est seulement deux jours plus tard que le corps de la victime a été découvert – il était enroulé dans un tapis totalement calciné, les pantalons de cette dernière étaient enroulés autour de son cou et son soutien-gorge avait été retiré.

«[L]a victime était morte de traumatismes craniocérébral, craniofacial et craniocervical. En clair, elle a eu la tête fracassée avec un ou des objets contondants. Des bouts de bois ensanglantés, avec des clous, ont été retrouvés dans le cabanon, de même qu’un gros morceau de ciment, qui était lui aussi taché de sang».

Dre. Caroline Tanguay, pathologiste

Selon les experts en incendie et en explosion, ce tapis avait été incendié volontairement. L’enquête policière a permis de déterminer que Mme. Rizzi était déjà décédée au moment de l’incendie. Les policiers ont passés près de 72 heures sur la scène de crime afin de récupérer toutes indices/preuves pour résoudre cette enquête.  Ils ont pu trouver de l’ADN d’un suspect sur la poitrine de la victime et sur une gomme à mâcher, mais rien qui n’était fiché dans leur système informatique (CRPQ).

C’est seulement quatre ans plus tard, au Saguenay Lac St-Jean, que l’enquête sur la mort de Mme. Rizzi fut débloquée. C’est dans un dossier totalement différent que la réouverture de l’enquête sur le meurtre de Pina Rizzi a pu être considérée. Une concordance a pu être établit entre ce dit dossier et celui de Mme. Rizzi – c’est l’ADN de M. Jean-Philippe Tremblay qui a alarmé les enquêteurs aux homicides. C’est grâce à un mégot de cigarette, récupéré quatre ans plus tard, qui a permis aux enquêteurs que l’ADN de M. Tremblay était bel et bien le même que retrouvé sur le corps de Mme. Rizzi. De plus, pour confirmer les faits, une caméra de surveillance avait filmée ce qui s’était passer cette nuit-là. M. Tremblay ne pouvait donc nier ce qui c’était réellement passé.

Jean-Philippe Tremblay a continué de clamer son innocence concernant le meurtre de Pina Rizzi après son arrestation en mars 2013. Après plusieurs heures de séances d’interrogatoires, les enquêteurs qui étaient affectés au dossier ont donc jouer cartes sur table afin d’obtenir des confessions de ce suspect. Ils ont pu démontrés que M. Tremblay était bel et bien sur les lieux du crime puisqu’ils ont récolté de l’ADN sur le corps de la victime. C’est après cette révélation troublante des enquêteurs que Jean-Philippe Tremblay fondit en larmes et à confesser le meurtre de Pina Rizzi, soit quatre ans plus tard. Suite à ses révélations, M. Tremblay fût condamné à perpétuité en juin 2017. L

Les caméras de surveillance

M. Tremblay s’est fait piéger à son propre jeu, puisqu’il ignorait qu’il était filmé par une caméra au loin. Au cours de l’interrogatoire policier, lors de ses aveux, il a donné une version contradictoire. Sa version ne concordait absolument pas avec les preuves recueillies par les enquêteurs. Il disait que c’était Mme. Rizzi qui l’avait attiré dans le cabanon et qu’elle l’avait forcé à avoir une relation sexuelle avec lui. Par contre, il ignorait qu’une caméra de surveillance du Port de Montréal avait capté ce qui c’était véritablement passé en dehors du cabanon.

«Elle a commencé à me chanter un peu des poignées de bêtises. J’ai dit : regarde, on va s’arranger… Je ne sais pas ce qui m’a pris, je lui ai asséné un coup. […] Mais j’aurais dû m’arrêter là. Je ne sais pas ce qui m’a pris, j’ai comme l’adrénaline a tombé, la peur a pogné, tout a pogné comme, bourré de vieux souvenirs qui se sont tout… Il est arrivé ce qui est arrivé. »

Jean-Philippe Tremblay

Les caméras de surveillances sont une technologie de surveillance très présente de nos jours. Elles peuvent être ouvertes, ce qui signifie qu’elles sont visibles et les gens sont avertis qu’ils sont filmés. Elles viennent dissuader les gens à commettre des délits. Elles peuvent être également cachées, ce qui signifie que les gens ne sont pas au courant qu’ils sont observés. Ces vidéosurveillances peuvent servir de preuve contre quelqu’un qui a commis un délit. Puis, il y a les caméras mixtes qui est un mixte des deux; elles peuvent être visibles, mais on ignore où la caméra regarde véritablement (effet panoptique).

Dans ce cas, M. Tremblay s’est auto-piégé cette nuit-là le 2 août 2009. Les caméras de surveillance étaient et, sont encore aujourd’hui, des outils très utiles au travail des policiers. C’est un outil d’autant plus important lorsqu’il s’agit d’une scène d’homicide puisque la victime est décédée et ne peut révéler le nom de son agresseur bien évidemment.  Ici, même si le cabanon n’était pas sous surveillance vidéo, les caméras des commerces avoisinants ont pu captées des images cruciales de ce meurtre crapuleux. Les appareils de surveillance vidéo sont utilisés dans le but de dissuader les gens, mais lorsqu’ils sont éloignés des lieux, comme dans ce cas-ci, il est plutôt difficile de dissuader ces personnes. S’il avait su qu’il y avait des caméras près du lieu du crime, probablement que M. Tremblay n’aurait pas commis l’irréparable. Jean-Philippe Tremblay a peut-être été pris par un élan de colère cette nuit-là, mais quoi qu’il en soit, ce moment d’incompréhension aura coûté la vie à la maquilleuse de 47 ans.

«Puis je sais très bien que devant un juge, je pourrais… comme homicide involontaire, parce que ça, on s’entend que ce n’était pas un homicide volontaire, qui était planifié…»

Jean-Philippe Tremblay