Les policiers de la réserve autochtone tirent sur son pitbull

Nicolas sc

L’incident, survenu le 30 juin 2013, a conduit  deux policiers devant la déontologie policière. En effet, vers 4h du matin, les agents de police Nicolas Scholtus-Champagne et Patrick Boulianne ont reçu un appel de la Sûreté du Québec indiquant que le suspect d’une agression à coups de bâton de baseball était Edward Coughlin de la réserve amérindienne d’Odanak. Les policiers se sont donc présentés chez lui afin de procéder à son arrestation. L’agent Scholtus-Champagne aurait dit au citoyen: «Edward Coughlin, sors dehors les mains en l’air et laisse ton chien en dedans. Si tu fais sortir ton chien, je le tire.» Un chien de la race pitbull de 70 livres serait alors sorti de la propriété pour les attaquer, selon ce que le policier aurait mentionné devant le tribunal.

suspect

Erreur sur le suspect

Les policiers auraient, selon les renseignements de la SQ, procédé à l’arrestation du suspect. L’homme n’a cependant pas été accusé pour voies de fait en lien avec l’agression à coups de bâtons de baseball — c’est qu’en fait cette arrestation découlerait d’une mauvaise information provenant de la Sûreté du Québec. Une enquête est présentement en cours afin de débattre de l’arrestation mal fondée. Cette investigation permettra au citoyen, M. Coughlin, de réclamer une somme de 37’109,75$ afin de compenser l’arrestation sans motif raisonnable ainsi que la balle reçue par son chien Willy.

Cette arrestation erronée et spectaculaire ne fera qu’envenimer les relations déjà tendues entre la police et la communauté. L’agent de police a dû user de son jugement et poser un choix dans cet environnement qualifié de plus «hostile» sur la réserve autochtone d’Odanak. Scholtus-Champagne mentionne qu’il a dû intervenir de manière plus musclée qu’à l’habitude étant donné la présence abondante des armes à feu, la pauvreté et la consommation de drogue dans le secteur (où, selon Statistiques Canada, «Le taux de criminalité dans les réserves en 2004 était environ le triple du taux de criminalité pour le reste du Canada (28 900 pour 100 000 habitants des réserves contre 8 500 habitants ailleurs au Canada)».

Or, le rapport à la communauté est crucial dans le travail des policiers. La police doit rendre des comptes à la communauté; un agent de police a le pouvoir d’arrestation, mais ne peut se permettre d’arrêter n’importe qui. Il doit avoir des motifs raisonnables pour effectuer l’arrestation et pour porter plainte contre le suspect.  Il y a des règles administratives à suivre. Dans ce cas-ci, l’agent de police Scholtus-Champagne avait pour seul motif l’appel venant de la SQ demandant de se rendre chez un suspect.