Les agressions sexuelles négligées par la police

Une enquête menant à la réouverture de certains dossiers d’agression sexuelle jugés sans fondement a été amorcée dans près de 40 postes de police au Canada. Récemment, c’était au tour de la SQ de se poser des questions sur son efficacité en matière d’agression sexuelle. En effet, un pourcentage inquiétant de dénonciations a été rejeté par la police, soit 21% pour la SQ. La norme étant largement inférieure, les pratiques de la SQ on soulevé des questions.  Il s’agit de savoir pourquoi autant de demandes ont été jugées non fondées, est-ce au niveau de la formation policière dans le domaine ou à celui des ressource octroyées dans de telles situations.

Tout ce débat au niveau des agressions sexuelles a débuté autour d’une enquête journalistique publiée dans Global and Mail, qui dénonçait un taux de 28% de rejet des cas d’agression sexuelle en Ontario. C’est avec cette enquête que certains soupçons ont débuté et que le centre d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS) s’est révolté.

D’ailleurs, les policiers ont certaines normes et procédures à suivre en ce qui concerne les cas d’agression sexuelle. Une victime qui se présente au poste de police pour dénoncer ce type de crime peut le faire à la suite des évènements ou plusieurs années plus tard – il n’y a pas de prescription sur les crimes à caractère sexuel. La victime devra, à son arrivée au poste, répondre à plusieurs questions afin de décrire la situation dans un rapport d’évènement. Le rapport est par la suite acheminé à des enquêteurs spécialisés en matière de crime sexuel. La victime est l’une des seules preuves que la police possède. Si elle reconnaît ou non son agresseur, cela va venir jouer énormément puisque la majorité des informations que la police possède provient de l’identification qu’en fait la victime. Plusieurs méthodes d’identifications peuvent être utilisées, tel que la parade d’identification photographique. Ce sont des crimes qui sont commis majoritairement sans témoin, ce qui signifie que l’ensemble de la preuve repose uniquement sur témoignage de la victime.

Tous ce processus est très difficile pour la victime, qui se sent dépossédée de son conflit avec toutes les questions et les soupçons que la police peu avoir.  Ce sentiment d’impuissance est amplifié lorsque le dossier est classé non fondé. Il est évident que plus la police perd la confiance des victimes, moins elles seront portées à dénoncer. Le simple fait de dénoncer leur agresseur est déjà très difficile et demande une grande confiance en notre système de justice qui, malheureusement, peut facilement décevoir. Les policiers font leur possible avec les formations qu’ils ont pour déceler les vrais cas des faux mais la marge de manœuvre des enquêteurs est assez restreinte, vue l’intimité de ce type d’agression. Les victimes peuvent heureusement se fier à plusieurs centres d’aide qui leur donnent le soutien dont elles ont besoin, dont le CALACS.